Pour cette première revue, trois semaines d'actualité. En France, le plan national de lutte contre le frelon asiatique est désormais officiel. Côté recherche, une étude allemande compare quatre stratégies de lutte contre varroa sur une saison complète, et une équipe américaine estime le risque réel des résidus de pesticides piégés dans la cire.
En bref
- Frelon asiatique : le plan national de lutte est publié au Journal officiel ; chaque département doit établir son plan sous six mois.
- Varroa : les stratégies biotechniques et le concept bio du Bade-Wurtemberg ont donné la réduction de fin d’été la plus régulière, sans effet mesurable sur la force des colonies.
- Cire et pesticides : aux teneurs rapportées dans la littérature, six résidus courants ne semblent pas menacer la survie des abeilles adultes.
- Royaume-Uni : 212 observations crédibles de frelon asiatique et 74 nids détruits en 2026 au 1er octobre.
- Nouvelle-Zélande : le plan national contre la loque américaine, en place depuis 1998, va être modernisé.
France : le plan national de lutte contre le frelon asiatique est officiel
L’arrêté conjoint des ministères chargés de l’environnement et de l’agriculture adoptant le plan national de lutte contre le frelon asiatique à pattes jaunes (Vespa velutina nigrithorax) a été publié au Journal officiel du 16 septembre 2026. Le texte part d’un constat : l’espèce est présente dans tous les départements métropolitains et son éradication n’est plus envisageable. L’objectif est donc d’en limiter les impacts sur l’apiculture, la santé publique et la biodiversité. Le plan s’articule en trois axes : recherche et communication, organisation de la lutte, gouvernance. Les départements sont classés en quatre niveaux selon la densité de nids, avec des mesures adaptées à chaque niveau (destruction des nids, piégeage de printemps des fondatrices, réduction du stress des colonies). Les préfets doivent établir un plan départemental dans un délai de six mois. Les annexes recommandent des pièges sélectifs, déconseillent les pièges non sélectifs et jugent inutile la destruction des nids après le départ des fondatrices, vers la mi-novembre. Voir la fiche Frelon asiatique.
Source : Arrêté du 9 septembre 2026 portant adoption du plan national de lutte contre le frelon asiatique à pattes jaunes (NOR : TECL2609035A), Journal officiel n° 216 du 16 septembre 2026. aida.ineris.fr/node/46474
Varroa : quatre stratégies de lutte comparées sur une saison
Leon M. Reinhold et Kirsten S. Traynor (université de Hohenheim) ont suivi pendant une saison quatre stratégies de lutte qui différaient par la gestion du couvain de mâles au printemps et par le traitement de fin d’été : un traitement de synthèse seul, sans retrait du couvain de mâles ; le concept bio du Bade-Wurtemberg ; une stratégie intégrée « division et traitement » à l’acide oxalique ; une approche biotechnique combinant retrait systématique du couvain de mâles et encagement de la reine. Le retrait intensif du couvain de mâles a freiné la croissance saisonnière des varroas, alors que les colonies « synthétique seul » dépassaient les seuils de traitement dès le milieu de l’été. L’approche biotechnique et le concept du Bade-Wurtemberg ont donné la réduction de fin d’été la plus régulière. Force des colonies, poids des ouvrières à l’émergence, réserves du corps gras et prévalence des virus n’ont pas différé entre groupes, et aucune différence de récolte n’a été détectée. Les auteurs soulignent que le nombre de colonies par groupe limite cette analyse, qui reste exploratoire et valable pour l’Europe centrale tempérée. Voir la fiche Varroa et varroose.
Source : Reinhold L. M., Traynor K. S. (2026). Comparison of nonchemical, organic and synthetic Varroa destructor control strategies in honey bee colonies: effects on parasite load, colony strength and health. Pest Management Science. doi.org/10.1002/ps.71364
Résidus de pesticides dans la cire : un risque faible pour les abeilles adultes
La cire absorbe les composés liposolubles, dont de nombreux insecticides agricoles et acaricides anti-varroa, qui peuvent ensuite diffuser lentement dans le nid. Louise Petit, Cameron J. Jack et James D. Ellis (université de Floride) ont mesuré en cagettes, au laboratoire, la toxicité pour les abeilles adultes de six résidus fréquemment retrouvés dans la cire : coumaphos, amitraze, acrinathrine, chlorpyrifos, chlorfenvinphos et bifenthrine. Le classement de toxicité obtenu via la cire ne correspond pas à celui des études antérieures par contact ou par voie orale ; le chlorpyrifos s’est montré le plus toxique, l’amitraze le moins. En croisant ces valeurs avec les teneurs publiées, le coumaphos présente le risque relatif le plus élevé et la bifenthrine le plus faible. Conclusion des auteurs : aux concentrations rapportées dans la littérature, ces composés ne semblent pas menacer la survie des abeilles. Limites : essais en laboratoire, abeilles adultes seulement (pas le couvain), critère de survie uniquement, sans effets sublétaux ni mélanges. Voir la fiche Intoxications par les pesticides.
Source : Petit L., Jack C. J., Ellis J. D. (2026). The risk posed by exposure to pesticides through beeswax to adult western honey bees (Apis mellifera). Environmental Toxicology and Chemistry. doi.org/10.1093/etojnl/vgag262
Royaume-Uni : 74 nids de frelon asiatique détruits en 2026
Le National Bee Unit britannique (APHA) recense, au 1er octobre 2026, 212 observations crédibles de frelon asiatique à pattes jaunes au Royaume-Uni depuis le début de l’année, et 74 nids trouvés. La grande majorité des nids se situe dans le Kent, suivi du Hampshire, du Surrey et de l’East Sussex ; quelques nids isolés ont été découverts plus au nord, jusque dans le Derbyshire, le Grand Manchester et le Lincolnshire. Le Royaume-Uni poursuit une stratégie d’interception et de destruction des nids, alors que la France a acté que l’éradication n’était plus possible. Ces chiffres reflètent aussi l’effort de surveillance et de signalement du public, et la page est une mise à jour continue appelée à évoluer. Voir la fiche Frelon asiatique.
Source : APHA National Bee Unit (2026). Yellow-legged hornet rolling update (mise à jour du 1er octobre 2026). nationalbeeunit.com
Nouvelle-Zélande : le plan national contre la loque américaine modernisé
Le 1er octobre 2026, le ministre néo-zélandais de la Biosécurité, Andrew Hoggard, a annoncé la mise en œuvre de modifications du plan national de gestion de la loque américaine, en place depuis 1998 et fondé sur la destruction des ruches infectées. Les changements reprennent des propositions élaborées et soumises à consultation par la filière : identification plus fiable des colonies et des échantillons de laboratoire, déclaration plus complète des changements de propriétaire des ruches, nouveaux outils de sanction en cas de récidive, le conseil et l’accompagnement restant la première étape. Le ministre parle d’améliorations plutôt que d’une refonte, destinées à détecter et contenir la maladie plus vite sans alourdir coûts et formalités. Le communiqué ne précise ni calendrier ni chiffrage. Voir la fiche Loque américaine.
Source : Gouvernement de Nouvelle-Zélande, ministre de la Biosécurité (1er octobre 2026). Certainty for beekeepers on local American foulbrood management. insidegovernment.co.nz